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SOUFFRANCE AU TRAVAIL : LA COMMISSION FEMMES AGIT !
Régulièrement, la commission femmes va à la rencontre de nos concitoyennes pour recueillir leur témoignage dans la diversité de leur quotidien afin de nous faire entendre leur voix et de nous faire partager leur réalité.
Le travail d’une femme dans une entreprise d’abattage, de découpe et de conditionnement de volaille de Bresse Combien de temps avez vous travaillé dans cet abattoir ? J’y ai passé neuf ans, après avoir été femme de maison chez une institutrice, ( je me suis trouvée veuve à trente ans avec trois petites filles en bas âge), puis ouvrière dans un atelier d’affûtage de scies et ensuite, manutentionnaire dans une fabrique de chaises. Quel était votre tâche dans cette entreprise de poulets ? J’étais au conditionnement, c’est de loin le poste le moins dur physiquement. Par rapport à la fabrique de chaises où j’étais constamment allergique à la poussière de bois, j’ai trouvé le froid et la propreté de l’abattoir plus convenables. A quelle température sont les ateliers ? Il fait six degrés dans les salles de découpe et de conditionnement, deux degrés dans les salles frigorifiques et environ douze degrés dans la salle d’abattage. On s’habitue bien à travailler à six degrés, on s’habille bien, il n’y a pas de problème en hiver et en mi-saison. Mais c’est en été qu’il est difficile de supporter les énormes différences de température entre l’atelier et la voiture restée en plein soleil où il peut faire jusqu’à cinquante degrés. C’est à se trouver mal. Etiez vous assise ou debout ? Nous étions debout près de huit heures par jour devant un tapis roulant pour filmer de plastique les morceaux de poulet découpés, avec heureusement des allers-retours dans les frigos pour aller les chercher. Nous pouvions tomber sur des chefs compréhensifs qui nous laissaient souffler un peu de temps en temps en ralentissant le tapis roulant, mais nous avons eu aussi des chefs qui venaient du commercial et qui n’avaient aucune pitié pour nous : on n’avait jamais le droit de relever la tête, et si la cadence s’accélérait, tant pis pour nous, il fallait suivre quand même. Il arrivait que le tapis tombe en panne, tout le monde s’arrêtait évidemment. Le chef était fou ! Et vos collègues à la découpe ? C’est le poste le plus dur, car les morceaux n’ont pas tous la même tendreté, et quelquefois on y passe plus de temps, il faut donc se dépêcher pour ne pas être en retard, et c’est là que les douleurs apparaissent dans les poignets, dans les bras, dans les épaules, et il faut pourtant bien continuer ! Mais j’ai beaucoup de copines qui ont eu des tendinites ou bien ont dû se faire opérer du canal carpien ! Avez vous eu conscience de faire un des travaux les plus pénibles qui soient ? Franchement, je crois que les tâches les plus dures se trouvent dans les entreprises de maraîchage, où il faut laver ou éplucher des poireaux pendant des heures, quelquefois à genoux, avec des chefs qui sont constamment sur le dos des travailleuses. Moi je ne me plains pas trop, j’ai eu du boulot, et c’était çà l’essentiel ! Mardi 13 Novembre 2007
Gaël BRUSTIER
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