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SARKOZYSME MUNICIPALTribune libre parue dans le JSL du 7 janvier 2008
Sarkozysme municipal
Nicolas Sarkozy occupe avec talent le devant de la scène. Mais paradoxalement, son hyper-Présidence ne consacre pas le triomphe de la politique, elle signe le recul de l'action publique. Alors qu'il régresse en Europe, le libéralisme façon Sarkozy se déploie en France, en brouillant les repères politiques, en affaiblissant l'État dans ses moyens d'action pour laisser libre cours au marché. Premier acte, la mise sous cloche du débat démocratique. Elle se déroule en deux temps : marginalisation institutionnelle du gouvernement et du Parlement, brouillage du débat d'idées avec la politique d'ouverture. La mise en scène de l'hyperactivité présidentielle, sphères publique et privée confondues, accapare l'attention. L'omniprésident sature les ondes, rendant inaudible toute autre expression politique. La recette Sarkozy ? Un plat volontairement trop épicé qui masque la piètre qualité des ingrédients. Quelques formules bien senties (travailler plus.) vite démenties par les faits, des concepts hasardeux, et une soudaine urgence des réformes qui justifie le passage en force. Deuxième acte, le recul de l'État. Fermeture de services publics ou diminution constante de leurs moyens (justice, école, police, santé), baisse des dotations aux collectivités territoriales, cession d'entreprises publiques sont autant d'éléments qui mettent en scène un État dépassé. Si les services publics se dégradent, si la solidarité nationale n'a plus de sens, si l'État n'est plus crédible, alors il faut s'en remettre au marché. Cette logique peut-elle s'appliquer au niveau local ? Oui, dans de nombreux domaines : la sécurité, les services aux personnes âgées et à la petite enfance, la gestion de l'eau et des déchets. Et le recours obligé à des prestataires privés se traduit par des dépenses nouvelles pour ceux qui en ont les moyens. et des services en moins pour les autres. Les mêmes qui en raison des politiques nationales se verront dans l'obligation d'accéder aux retraites par capitalisation ou aux mutuelles santé privées, seront aussi pénalisés dans leur vie locale : garde d'enfant, soutien scolaire, frais de cantine ou de transport, énergie, déchets, eau toujours plus chers. Malgré la poudre aux yeux de l'ouverture, deux projets de société se feront bien face aux élections locales de mars 2008. Un projet de gauche, refusant une société éclatée où une avant-garde vit dans le plus grand confort alors que le reste de la population se serre la ceinture. Un autre projet, libéral, qui avance masqué, sur fond de paillettes et de barnum élyséen. Un spectateur averti en vaut deux. Mardi 8 Janvier 2008
Gaël BRUSTIER
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