PHILIPPE BAUMEL REPOND AUX QUESTIONS DE CREUSOT INFOS



santé du PS après La Rochelle, le dossier des retraites, les relations avec les Verts au Conseil Régional, les priorités économiques… Ce sont les sujets que Philippe Baumel, vice-président du Conseil Régional, aborde dans une interview de rentrée à «creusot-infos».




Quel bilan tirez-vous des journées l’Université d’été de La Rochelle ?
«Les journées ont été un moment fort d’unité et de travail, avec plus de 4400 inscrits. C’est la première fois qu’il y avait autant de monde et, au contraire des autres années, il n’y a pas eu de petites phrases. Par contre j’ai vraiment senti la volonté d’être uni pour incarner une alternative. Par rapport à 2009, le contraste était saisissant».

L’absence de Dominique Strauss-Kahn était-elle gênante ?
«Ses amis étaient là et ils ont participé de façon active aux différentes tables rondes. Maintenant, avant que les primaires ne s’engagent, je pense qu’il est clair pour tout le monde que Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn se respectent l’un et l’autre. Je crois que les primaires vont voir se dégager une force et une volonté d’unité. L’unité c’est essentiel, notamment quand il y a un appel du peuple».

Que pensez-vous de la décision de Benoît Hamon de faire un pas en direction d’Olivier Besancenot ?
«Cela ne me dérange pas. Benoît Hamon est à la gauche du Parti Socialiste. Il incarne une volonté d’avoir une assise électorale plus large. Pour les prochains scrutins, il faudra donner envie à celles et ceux qui se réfugient dans l’abstention».

Comment le Parti Socialiste doit-il aborder le dossier des retraites pour être audible ?«Si j’en crois les enquêtes d’opinion, le discours socialiste n’est pas audible. Les Français disent «on ne veut pas de la réforme», mais ils n’entendent pas ou mal les propositions socialistes. Je pense qu’il faut un grand moment de dialogue avec les syndicats et les mutuelles. Car tout l’enjeu sera de parler un langage clair.
Cela-dit, il ne faut pas se voiler la face. La véritable réforme ce sera en 2012. C’est d’ailleurs vrai, aussi, pour la réforme des collectivités qui n’est pas applicable en l’état».

C’est-à-dire ?«Le Sénat l’a voté en retirant le mode d’élection des conseillers territoriaux. Il faut une vraie représentation du peuple pour que la réforme soit viable».

Comment se présente la rentrée au Conseil Régional ?
«Elle ne sera pas simple, car elle va s’effectuer dans un contexte économique déprimé. Pour la première fois on va devoir bâtir des budgets sans pouvoir agir sur la fiscalité. Et je crois que l’on risque de ne pas pouvoir porter certains projets, pourtant indispensables. Par exemple, peut-être que l’on devra avoir moins d’apprentis, mais aussi ralentir la rénovation des lycées. De même, alors que l’on a besoin d’être performant sur l’innovation, les contraintes ne vont pas nous permettre de recapitaliser l’institut régional de l’innovation. On paye là, au prix fort, la politique et les orientations du Gouvernement».

Depuis le début de la mandature, des dissonances sont apparues dans la majorité, notamment avec les élus Verts. Que préconisez-vous ?
«Je suis très attaché aux accords politiques qui ont été conclus au moment de la constitution de la majorité. Il faut que chacun les respecte, car on est engagé ensemble sur un contrat de majorité…»

Les Verts doivent-ils rentrer dans le rang ou en sortir ?
«J’avoue que je comprends mal certaines attitudes qui s’expriment au moment des séances publiques, sur des questions peut-être mal abordées. On sait que, par nature, les majorités larges sont difficiles à organiser. Je fais confiance à un dialogue et à un travail plus serré».

Quels sont les grands chantiers que vous souhaitez mener en matière économique ?
«Je l’ai dit, l’innovation est une priorité. Il faut absolument la renforcer et il faudra établir des liens encore plus forts entre les laboratoires de l’Université et le monde de l’entreprise.
Nous envisageons aussi d’aider à la création d’entreprise et notamment celles et ceux qui sont à l’initiative des projets les plus innovants, pour contribuer au rayonnement de la Bourgogne.
La Région va, enfin, labelliser des zones d’intérêt régional, avec des moyens spécifiques. Il s’agit de conforter nos places économiques fortes, celles qui rayonnent sur le territoire et qui sont le ciment de l’économie bourguignonne. La première zone devrait être labellisée rapidement, c’est-à-dire sous quelques mois ou semaines».


Recueilli par
Alain BOLLERY







Jeudi 2 Septembre 2010
Gaël BRUSTIER
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