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Communiqué de Philippe BAUMEL et Jérôme DURAIN à l'occasion de la commémoration du 10 mai 1981
L’abeille et le bourdon
De l’interminable quinquennat de Nicolas Sarkozy , l’Histoire retiendra que le costume présidentiel qu’il rêvait d’endosser le matin en se rasant était trop grand pour lui. Elle fera le compte des promesses non tenues, des dérapages incontrôlés et des embardées cyniques, des changements de pied et des échecs cuisants. Car Nicolas Sarkozy a échoué sur tout. François Mitterrand fut un président bâtisseur. L’actuel locataire de l’Elysée, se pose, quant à lui, en chef d’une entreprise de démolition et de détricotage des acquis. L’autoproclamé « Président du pouvoir d’achat » a appauvri les Français, à l’exception de quelques-uns de ses amis dorés sur tranche. La détaxation des heures supplémentaires au nom du « travailler plus pour gagner plus » s’est retournée contre l’emploi, et le très symbolique bouclier fiscal n’a été abrogé que sous la pression de parlementaires UMP angoissés par le spectre d’une déroute future. Il a abandonné l’école en rase campagne, échoué sur la sécurité, mis les magistrats dans la rue et la société sous tension, laminé les services publics et fait voter des lois liberticides. Voulait-il « remettre de la morale au cœur de la politique » ? Il s’est englué dans les affaires, de l’affaire Woerth-Bettencourt à l’affaire Alliot-Marie, sans oublier la nomination avortée de son fils à la tête de l’organisme de gestion du quartier de la Défense. Il a dressé les Français les uns contre les autres, laissé les quartiers à l’abandon, fait des immigrés les boucs émissaires des problèmes du pays. Pourtant, la martingale gagnante de 2007 ne marche plus. Loin d’assécher l’électorat du Front national, Nicolas Sarkozy le diviseur a rendu à leurs bases ceux qui préféreront toujours l’original à la copie. Le bilan n’est pas plus brillant sur le terrain international, où la voix de la France ne murmure plus que dans l’ombre du grand frère américain. Il s’agite, produit un bruit de fond télévisuel, il bourdonne et c’est tout. A l’opposé, François Mitterrand fut le Président des promesses tenues. Le premier président socialiste de la Vème République a imposé dès le début de son septennat plus de réformes qu’aucun chef de l’Etat avant lui : abolition de la peine de mort, alors que l’opinion y était hostile, semaine de 39h, 5ème semaine de congés payés, retraite à 60 ans, hausse du SMIC, lois de décentralisation, augmentation des prestations sociales, libération des ondes avec la création des radios libres... Il a élargi la place des femmes dans la société, amélioré, grâce aux lois Auroux, le sort des Français au travail, démocratisé l’enseignement supérieur en créant avec Lionel Jospin des pôles universitaires décentralisés, notamment ceux du Creusot et de Nevers. Et si, comme ses successeurs, il a échoué à endiguer la déferlante du chômage, il a fait résonner avec force la voix de la France sur la scène mondiale. La construction de l’Europe traverse comme un fil rouge toute l’action politique de ses deux septennats. Artisan de la monnaie unique et de l’élargissement, François Mitterrand a eu le courage de comprendre que l’Hexagone ne pourrait être audible dans le concert des nations qu’à l’intérieur d’une Europe unie. Avec Helmut Kohl, il a incarné cette voix d’une Europe relancée. La force de l’axe Paris-Bonn a permis au continent de traverser dans la paix les bouleversements de la fin des années 80 –chute du Mur de Berlin, effondrement du bloc soviétique, - ce qui, à l’époque, n’avait rien d’évident. Ses discours devant le Bundestag, à Cancun ou devant la Knesset sont déjà entrés dans l’Histoire. Et si le dernier « Africain » de la classe politique française aurait dû s’engager plus fortement dans les processus de démocratisation sur le continent noir, il n’a jamais failli dans la défense du tiers-monde au sein instances internationales. On se trouve à mille lieux du scandaleux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, affirmant que « l’Homme africain n’est pas entré dans l’Histoire » ! François Mitterrand a incarné en son temps la dignité et la grandeur de la fonction présidentielle. Nicolas Sarkozy a réussi, lui, à démonétiser l’image du chef de l’Etat. Pour l’opinion publique comme pour la presse internationale, il est devenu et il restera le président bling-bling et vulgaire du « casse-toi pauvre con », aux ray-ban sur le nez et à la Rolex au poignet. Entre l’architecte de l’alternance et le bourdon vibrionnant, l’Histoire a déjà choisi. Philippe Baumel, Président de l’Union des Elus Socialistes et Républicains Jérôme Durain, Premier secrétaire de la Fédération de Saône-et-Loire du Parti Socialiste Mardi 10 Mai 2011
Mohieddine HIDRI
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